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Interroger les normes du français écrit à l’école et dans la société

Le 31 octobre 2025, la HEP Vaud a accueilli une journée d’étude consacrée aux multiples «troubles» qui traversent aujourd’hui le français écrit. Orthographe, écriture inclusive, usages numériques, textes générés artificiellement ou anglicismes y ont été abordés comme autant de révélateurs des tensions entre normes, pratiques sociales et enseignement.
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Le français écrit, entre débats publics et pratiques ordinaires

Organisée par l’Unité d’enseignement et de recherche Didactique du français de la HEP Vaud, en lien avec l’UNIL, cette journée s’inscrivait dans un cycle interinstitutionnel et interdisciplinaire intitulé «Troubles dans l’écrit? Approches linguistiques, didactiques et artistiques du français écrit contemporain dans (presque) tous ses états». Elle réunissait chercheur·euse·s, formateur·rice·s, étudiant·e·s, apprenant·e·s et personnes intéressées par les transformations contemporaines de la langue écrite.

L’événement proposait de déplacer le regard porté sur les formes écrites souvent perçues comme problématiques. Plutôt que de les considérer uniquement comme des écarts à corriger, il invitait à les analyser comme des objets de réflexion linguistique, didactique, artistique et sociale. 

Comprendre ce que les «troubles» de l’écrit disent de l’école

Les débats autour du français écrit occupent régulièrement l’espace public. Les performances orthographiques des élèves, la place de l’écriture inclusive, les usages numériques ou les effets de l’intelligence artificielle générative alimentent des discussions à la fois scientifiques, médiatiques, citoyennes et politiques.

Pour l’école, ces questions sont centrales. Elles touchent à la transmission des savoirs, à la construction des normes de la communication, à l’expression des identités et à la reconnaissance de différentes «voix» dans l’écrit. Elles interrogent aussi la manière dont l’enseignement du français peut articuler exigence linguistique, compréhension des usages contemporains et attention aux enjeux d’égalité, de diversité et d’inclusion. 

Relier langue, création et formation des enseignant·e·s

En croisant les approches linguistiques, didactiques et artistiques, cette journée a contribué à penser le français écrit comme un objet vivant, traversé par des tensions et des évolutions. Elle a également mis en évidence l’importance de former les futur·e·s enseignant·e·s à comprendre les normes, mais aussi à interroger leurs usages, leurs effets et leurs limites.

Pour la HEP Vaud, accueillir un tel événement revient à inscrire la formation et la recherche dans les débats contemporains qui traversent l’école. Il s’agit de soutenir une réflexion exigeante sur les pratiques langagières, en lien avec les transformations culturelles, numériques et sociales qui influencent aujourd’hui l’enseignement du français.

Une exposition autour des formes écrites contemporaines

En parallèle des deux journées d’étude, une exposition a été présentée du 27 octobre au 2 novembre 2025 à l’UNIL, sur le site de l’Anthropole. Elle réunissait des textes-œuvres d’Armand Le Poête, Dejan Gacond, Sophie Guyot, Douna Loup, Augustin Rebetez et Pascal Vonlanthen.

Le 29 octobre 2025, l’écrivain Dejan Gacond a également proposé la performance immersive «Infrasens et contrebasse». Cette intervention prolongeait la réflexion sur les formes du français écrit et sur les manières dont la langue peut devenir autre lorsqu’elle se déplace hors de ses cadres habituels. 

Le débat relancé au printemps 2025

Le 22 mai 2025, une enquête nationale révélait que 41% des élèves romands en fin de scolarité obligatoire n’atteignaient pas les seuils attendus en orthographe. Dès le lendemain, les médias se sont largement emparés du sujet, mettant en lumière les préoccupations liées à la maîtrise du français écrit. 

«Les élèves romands sont nuls en français» 

— Blick, 23 mai 2025 

«En réalité, l’orthographe n’est plus une priorité» 

— Le Matin Dimanche, 25 mai 2025 

Cette journée d’étude s’est inscrite dans le prolongement de ces débats. Elle proposait de déplacer le regard: plutôt que de se limiter à un constat de déficit, il s’agit d’interroger les normes linguistiques, les usages de l’écrit, les pratiques d’enseignement et les enjeux contemporains de l’orthographe. 

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