Le Bachelor en enseignement primaire comprend des stages pratiques réalisés dans des établissements partenaires. Ils favorisent l’intégration des étudiant·e·s dans le milieu professionnel, le développement de leurs compétences professionnelles, tout en permettant la mise en œuvre de situations d’enseignement en lien avec les modules théoriques et l’acquisition d’une attitude réflexive. L’année 2025 a marqué la continuation de réflexions visant à faire évoluer la structure de cette alternance et à l’intégrer à terme dans le nouveau plan d’études du Bachelor en enseignement primaire.
Un modèle top-down
«Le modèle en vigueur a tout d’abord été remis en question car il fonctionnait selon une logique top-down, qui ne correspondait pas toujours à ce qui se passe dans les classes et qui pouvait poser des difficultés aux praticien·ne·s formateur·rice·s (PRAFO), explique Anne Christe de Mello, responsable de la filière Enseignement primaire. Les étudiant·e·s de première année effectuent par exemple leur stage les mardis matin. Si ils ou elles doivent mettre en pratique un module de français, cela peut être compliqué à introduire dans le programme de la classe et cela risque de ne pas avoir de sens pour les élèves. Parfois, c’est même impossible en raison de la difficulté à gérer la classe. Dans un tel cas, le PRAFO ne va pas forcément prendre le risque d’amener encore un autre élément externe qui pourrait perturber.»
Un travail a donc été effectué pour mieux intégrer ces activités d’alternance dans la réalité des classes. Elles s’inscrivent dans une logique formative, centrée sur les apprentissages des étudiant·e·s et l’accompagnement de leur progression. Conçues comme des espaces d’expérimentation, d’analyse et de développement professionnel, les thématiques abordées ont été pilotées directement dans les classes. «Cela a bien fonctionné, observe Anne Christe de Mello. Mais une analyse a montré l’importance de renforcer encore les liens entre les expériences pratiques et les contenus abordés dans les différents modules de formation. Les réflexions conduites en 2025 se sont ainsi concentrées sur cet enjeu.»
Introduire plus de flexibilité
Une nouvelle cartographie des activités d’alternance et des exigences des stages a tout d’abord été établie, en collaboration avec les responsables des unités d’enseignement et de recherche concernées. L’objectif est de permettre à une même situation vécue en stage de mobiliser plusieurs regards complémentaires issus de deux modules de formation. Cette approche favorise une meilleure intégration des apprentissages tout en tenant compte des réalités du terrain. Suivant la situation ou le programme de la classe lors de son stage, un·e étudiant·e pourrait travailler en lien avec un module de sciences humaines et sociales, ou un autre de gestion de classe. «Cela introduit de la flexibilité vis-à-vis des contraintes scientifiques pour essayer de faire avec les ressources qu’on a concrètement à un moment donné, souligne Anne Christe de Mello. Par exemple, si on travaille sur les rituels, l’idéal serait de le faire en début d’année. Et pour certains thèmes, ce serait bien de pouvoir les mettre en pratique chaque année.»
Ces réflexions seront progressivement concrétisées courant 2026, après la mise en œuvre du nouveau plan d’études du Bachelor en enseignement primaire. L’ambition est claire: renforcer la cohérence entre les apprentissages réalisés à la HEP et ceux développés lors des stages, tout en offrant davantage de souplesse aux étudiant·e·s et aux PRAFOs. Cela afin de consolider encore davantage le caractère professionnalisant de la formation et le dialogue entre théorie et pratique.



