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Initier des dynamiques transformatrices à travers l’art

En 2025, l’Unité d’enseignement et de recherche Didactiques de l’art et de la technologie a renforcé ses partenariats avec des institutions culturelles. Cette ouverture sur la cité vise à disséminer de nouvelles pratiques collectives.
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Dans son plan stratégique 2025-2028, l’Office fédéral de la culture a élargi les missions des hautes écoles pédagogiques dans ce domaine de la culture, qui se situent désormais au-delà des transmissions des savoirs académiques. De porteur·euse·s de culture, les corps estudiantins et enseignants deviennent ainsi des passeur·euse·s de culture. «Nous avons travaillé sur ce passage de différentes manières, précise Nicole Goetschi Danesi, responsable de l’Unité d’enseignement et de recherche en didactiques de l’art et de la technologie (UER AT). Cela comprend une redéfinition du terme `culture(s)` que nous écrivons délibérément avec un `s`. Il englobe les arts, les sciences, les institutions ou la création artistique. Ses dimensions sociale, inclusive et durable s’avèrent essentielles. Derrière cela, il y a l’idée de culture(s) pour tout·e·s, et de démocratie culturelle. Cela va de pair avec la participation et une forme d’ouverture, de porosité, sur la société.»

L’un des axes essentiels de ce développement est le rôle de la HEP Vaud dans la création d’un paysage culturel éducatif avec des partenaires ancrés dans un territoire. Des collaborations externes ont ainsi été tissées, par exemple avec le Musée national suisse, le Musée cantonal des beaux-arts, la Collection de l’Art Brut, le Naturéum, Plateforme 10, mais aussi avec des ateliers d’artistes ou des évènements comme Visions du Réel ou le Festival Jeune Public. «Ces partenariats visent à créer une permaculture institutionnelle et à travailler sur une approche globale de l’éducation», relève Nicole Goetschi Danesi.

Plusieurs initiatives et projets ont incarné la forme concrète de ces engagements courant 2025. On peut notamment mentionner les projets d’échanges annuels certifiés avec une mobilité courte (PEERS) avec l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation de Paris (Inspe). Ils ont permis à des étudiant·e·s des différentes filières de la HEP de vivre des expériences de médiation culturelle en milieu scolaire durant les années académiques 2024-2025 et 2025-2026. «Comment la médiation culturelle peut contribuer à l’éducation à la durabilité» ou «Comment la médiation culturelle peut contribuer à une école plus inclusive» ont fait partie des thématiques abordées.

Le PEERS 2024-2025 comprenait six étudiant·e·s sélectionnés sur inscription ainsi que six enseignant·e·s suivant la formation continue CAS Création artistique et médiation culturelle, pendant que la volée 2025-2026 incluait neuf étudiant·e·s du primaire, de l’éducation spécialisée ou du secondaire 2. Ces projets ont permis aux étudiant·e·s de la HEP de se rendre une semaine à Paris. Ils ont ainsi pu visiter des musées tels que le musée Albert Kahn, le musée du Quai Branly ou le Jeu de Paume, afin de découvrir les activités de leurs services de médiation. Ils ont ensuite eu l’opportunité de préparer une activité de médiation pour une classe parisienne. Des étudiant·e·s de l’Inspe sont ensuite venus à Lausanne, où ils ont notamment collaboré avec les services de médiation de la Collection de l’Art Brut.

«Ce qui est intéressant, à la fois dans le cadre du PEERS et dans celui du CAS Création artistique et médiation culturelle, c’est que nous travaillons en mode lesson study (méthode de développement professionnel collaboratif qui améliore les pratiques pédagogiques en se focalisant sur l’apprentissage des élèves plutôt que sur la performance de l’enseignant, ndlr), souligne la responsable de l’UER AT. On identifie un problème, on le documente, on planifie un moment d’apprentissage, puis on l’introduit dans une classe, avant de faire des rétroactions. Cela crée des communautés de pratiques, en développant les axes de la communication, de la collaboration, de la pensée créatrice et de la stratégie d’apprentissage.»

Éloigné d’une pédagogie prescriptive, l’objectif de ces démarches consiste à développer le pouvoir d’agir des participant·e·s dans une perspective émancipatrice et transformatrice. «Cela sous-tend l’idée forte d’une action ouverte sur la cité et d’un agrandissement du rayon d’action des enseignant·e·s, pour permettre à ces nouvelles pratiques de cultures collectives et collaboratives de se disséminer. Ces approches comportent une dimension citoyenne essentielle. Nous nous situons aussi dans une optique d’échange avec nos partenaires, qui peuvent bénéficier de ces dynamiques.»

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