Faire de l’école un espace de vigilance préventive
Organisée par le Centre de compétences «Maladie, mort et deuil à l’école», rattaché à l’Unité d’enseignement et de recherche Didactiques des sciences humaines et sociales (UER SHS), en collaboration avec la filière Formation continue attestée (FCA), cette journée s’est tenue à la HEP Vaud.
Elle s’est adressée aux enseignant·e·s du primaire (cycle 2), du secondaire 1 et du secondaire 2, confronté·e·s à des situations où le mal-être des élèves se manifeste parfois de manière discrète, progressive ou difficile à interpréter. Dans un contexte marqué par des crises sanitaires, climatiques et sociales, la santé mentale des adolescent·e·s constitue un point d’attention majeur pour l’école, espace quotidien de socialisation, d’observation et de lien.
La journée a proposé des repères pour mieux comprendre ces fragilités, reconnaître certains signaux d’alerte et développer des réponses adaptées, sans réduire le rôle des enseignant·e·s à une fonction clinique. Elle a ainsi renforcé leur capacité d’écoute, d’orientation et de prévention dans les situations de vulnérabilité.
Lire les signaux faibles du mal-être adolescent
Le repli sur soi, l’épuisement, les comportements à risque ou la rupture du lien social peuvent signaler une souffrance qui ne se formule pas toujours explicitement. Pour les professionnel·le·s de l’école, l’enjeu ne consiste pas à poser un diagnostic, mais à observer, réagir avec justesse et mobiliser les relais nécessaires.
Les échanges ont abordé plusieurs dimensions du mal-être adolescent: le risque suicidaire, les effets du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les mécanismes du harcèlement scolaire, les comportements à risque et le rôle des réseaux sociaux. Ces thématiques ont articulé apports théoriques, éclairages cliniques, témoignages de terrain et outils pratiques.
En croisant ces approches, la formation a rendu visibles des situations souvent complexes, où les facteurs individuels, relationnels, scolaires et sociaux se combinent. Elle a également rappelé l’importance d’une prévention partagée, qui repose sur la coopération entre les acteur·rice·s de l’école, les familles et les ressources spécialisées, une exigence qui demeure structurante pour l’ensemble du système éducatif.
Former sans médicaliser le rôle enseignant
Cette journée a mis en évidence une tension centrale du terrain scolaire: les enseignant·e·s sont souvent les premier·ère·s à percevoir un changement chez un·e élève, sans pour autant être seul·e·s responsables de la prise en charge de la souffrance psychique. Leur rôle consiste à repérer, accueillir la parole lorsque cela est possible, agir dans le cadre de leurs responsabilités professionnelles et s’appuyer sur les dispositifs existants.
En proposant des connaissances accessibles et des pistes d’action adaptées au milieu scolaire, la HEP Vaud a soutenu une pratique enseignante attentive aux vulnérabilités des élèves. Cette démarche s’inscrit dans une mission institutionnelle plus large: former et accompagner les professionnel·le·s de l’éducation face à des réalités sociales qui traversent l’école et transforment les conditions d’apprentissage. La HEP Vaud poursuivra cet engagement en consolidant les dispositifs de formation continue dédiés aux vulnérabilités psychiques et en renforçant les coopérations avec les ressources spécialisées du canton.
Ce que la journée a apporté
1. Des repères théoriques et pratiques immédiatement mobilisables
La formation n’a pas seulement dressé un état des lieux. Elle a fourni des outils — grille d’identification des signaux d’alerte, protocole de première réponse, cartographie des ressources cantonales. Les thématiques abordées — TDAH, harcèlement, influence des réseaux sociaux, risque suicidaire — ont été traitées sous l’angle de la praticité professionnelle.
2. Un dialogue entre chercheur·euse·s, formateur·rice·s et terrain
La force de la journée a résidé dans la confrontation de trois regards: le regard clinique (apport théorique), le regard institutionnel (politiques de prévention cantonales) et le regard du terrain (témoignages d’enseignant·e·s et de directions). Cette triangulation a permis de dépasser les discours génériques pour aboutir à des recommandations actionnables.
3. Un ancrage dans la mission de la HEP Vaud
La formation s’est inscrite dans le plan d’intentions de l’école: soutenir les acteur·rice·s de l’éducation face aux défis sociétaux contemporains. Elle n’a pas formé des spécialistes en santé mentale, mais des professionnel·le·s capables de repérer, d’écouter et d’orienter — trois compétences désormais essentielles à l’exercice du métier.



