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Face à l’intelligence artificielle, transformer la formation

Le Centre de soutien à l’e-learning (CSeL) accompagne les formateur·trice·s de la HEP Vaud dans leur adaptation face à l’intelligence artificielle générative (IAG). Cette démarche passe notamment par l’évolution des dispositifs d’évaluation et d’enseignement.
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Le CSeL suit et analyse les développements de l’IAG et la progression de ses usages depuis plusieurs années. «Quelles réponses la HEP Vaud doit-elle apporter à ces outils?», «Comment les utiliser de manière appropriée?», ou «Quelles compétences pourraient-ils faire perdre?»: autant de questions sur lesquelles travaillent Nicolas Perrin, professeur à la HEP Vaud et responsable du CSeL, et son équipe. «Nous accompagnons notamment le Comité de direction face à la généralisation des IAG, et plus globalement l’ensemble de la communauté de la HEP Vaud. Notre rôle est de faciliter un processus institutionnel mené collectivement et de manière interdisciplinaire sur ces enjeux.»

Introduction de mini oraux de vérification

En 2025, le CSeL a poursuivi ses travaux et projets menés depuis 2023 dans le domaine de l’IAG. Parmi ceux-ci, figure la mise en œuvre d’un oral de vérification. «À l’origine de ce dispositif, il y a l’élaboration d’une directive qui clarifie désormais les responsabilités de chacun·e face à ses productions écrites, précise Nicolas Perrin. Tout·e auteur·trice est responsable de ses productions et tout usage de l’IAG doit être mentionné.»

Mais, dans un contexte de généralisation des outils d’IAG, comment les formateur·trice·s peuvent-ils·elles vérifier qu’un travail écrit est effectivement maîtrisé par les étudiant·e·s qui l’ont rendu? Face au manque de fiabilité des détecteurs d’IA à la nécessité d’apprendre à composer avec les outils, l’option de l’oral s’est imposée comme la plus la plus pertinente. «Ce dispositif permet au formateur·trice d’avoir la possibilité de demander à un étudiant·e d’expliciter un extrait de son travail, souligne le responsable du CSeL. Il·elle peut lui demander par exemple de démontrer l’exactitude des éléments cités dans un passage, ou de défendre leur pertinence ou leur cohérence. L’objectif de cet exercice consiste à vérifier si l’étudiant·e maîtrise la totalité de l’écrit qu’il·elle a rendu.»

Ce dispositif – qui modifie la structure des périodes d’examen – concerne notamment des modules particulièrement touchés par les usages de l’IAG. Il exige désormais de la part du de la formateur·trice de préciser davantage ce qui est attendu. «Cet oral de vérification possède aussi une dimension formative, parce que l’enseignant·e peut l’intégrer à ses cours en demandant aux étudiant·e de défendre leurs écrits lors d’exercices, relève Nicolas Perrin. Cela permet à ces dernier·ère·s d’entrer dans un processus d’amélioration continu.»

Focaliser les formations sur l’exactitude et l’originalité

Parallèlement, l’équipe du CSeL a mené en 2025 des réflexions pour aider les formateur·trices de la HEP Vaud à transformer leurs dispositifs de formation, en les recentrant sur le développement des compétences se situant au cœur du travail humain. Celles-ci privilégient, par exemple des tâches impliquant l’exactitude et l’originalité, comme le propose le pédagogue Philippe Meirieu. «C’est précisément ce que les IAG ne garantissent pas, explique Nicolas Perrin. Leur fonctionnement probabiliste est inexact et ne fait que reproduire ce qui existe déjà. C’est dans la complémentarité de ces deux notions qu’il s’agit désormais de se focaliser. On peut le faire notamment en concevant les formations en termes de boucles itératives qui permettent aux étudiant.e.s de s’améliorer progressivement. Cela demande des transformations importantes de l’enseignement, comme lier les étapes d’apprentissages entre elles, de les rendre explicites et de repenser le travail de groupe.»

Au-delà des dispositifs pédagogiques et d’évaluation, le CSeL s’est aussi impliqué en 2025 dans le Comité de pilotage pour les IA, qui soutient l’ensemble de l’institution sur ces questions, à la fois en termes de formation, de recherche ou d’administration. Des permanences IA ont également été mises sur pied, permettant à l’ensemble de la communauté de poser ses questions ou d’échanger sur ses préoccupations ou problèmes dans un cadre informel et bienveillant. Enfin, un travail a été engagé en vue de maîtriser l’usage de Large Language Models (LLM) «en local» courant 2026. «Cela représente une opportunité, notamment pour les équipes de recherche, de tester des usages pertinents en toute sécurité, note Nicolas Perrin. C’est essentiel pour une haute école, car nous nous situons toujours dans cette tension: comment apprendre à faire quelque chose avec l’IAG pour en connaître les potentiels et les risques, mais en même temps comment ne pas le faire de manière naïve.»

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