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Questionner l’intelligence artificielle générative à travers les arts visuels

L’Unité d’enseignement et de recherche des arts et de la technologie mène des réflexions sur l’impact de l’intelligence artificielle générative dans le cadre de l’éducation à la création artistique. En 2025, elle a travaillé sur des projets destinés à des publics variés.
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«Depuis quelques années, l’intelligence artificielle générative (IAG) pose des questions vives sur la création de façon générale ainsi que sur l’éducation à la création artistique, observe Clara Périssé, chargée d’enseignement à l’Unité d’enseignement et de recherche des arts et de la technologie (UER AT), artiste et spécialiste du numériqueC’est pourquoi nous tenions à nous approprier ces enjeux. Notre posture consiste à amener les étudiant·e·s et les enseignant·e·s à se questionner sur ces technologies et à s’inspirer d’artistes qui les questionnent 

Une journée consacrée à l’IAG pour des enseignant·e·s du gymnase

En octobre 2025, l’UER AT a organisé une journée consacrée à l’IAG pour les chef·fes de file des enseignant·e·s d’art au gymnase, sur demande de ces dernier·ère·s. «Nous avons conçu le programme en collaboration avec l’Unité Médias, usages numériques et didactique de l’informatique, qui s’est occupée de traiter les questions algorithmiques et de pensée computationnelle, raconte Clara Périssé. Du côté des arts, nous avons notamment cherché à montrer comment les artistes s’emparaient de ce thème.» Les exemples choisis abordaient par exemple l’IAG en questionnant les archives, en détournant son esthétique hyperréaliste ou en s’intéressant à ses erreurs.

La deuxième partie de la journée a été consacrée à des ateliers pratiques. L’un d’entre eux s’est intéressé à la démarche initiée par le psychanalyste Serge Tisseron dans son livre Le jour où j’ai tué mon frère: ne retrouvant plus une photo de son enfance qui captait une scène d’un jeu de cow-boy avec son frère lors de laquelle il le menaçait avec une arme, Serge Tisseron a fait produire cette image par l’IAG. Sa fille a ensuite retrouvé la photo originale, qui ne ressemblait pas à celle produite par l’IAG.

«Cette démarche questionne l’idéal de vérité associé à la photographie, alors que les images produites par l’IAG sont souvent perçues comme moins fidèles à la réalité, explique la spécialiste du numérique. Pour Serge Tisseron, la photo créée par l’IAG était beaucoup plus proche de ses souvenirs. Nous avons exploré cela dans un atelier. Les participant·e·s·ont choisi une photo sur laquelle travailler dans leur smartphone.»

Une affiche produite manuellement et par l’IAG

Toujours dans une perspective de questionnement de l’IAG, Clara Périssé et son équipe ont mené courant 2025 un projet de recherche avec des étudiant·e·s du Bachelor en enseignement secondaire 1. Ils·elles devaient créer une affiche sur le thème du Life long learning pour l’évènement Ludovia, organisé conjointement par la HEP Vaud et la Haute École d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud – HEIG-VD.

«Chaque étudiant·e a dû créer deux affiches: l’une avec l’aide de l’outil d’IAG Midjourney et l’autre manuellement, avec la technique du collage, raconte Clara Périssé. Ils·elles devaient documenter leur processus de création et nous avons recueilli leurs réflexions.» Il est ressorti de cette analyse que pour les étudiant·e·s, être auteur·trice, signifie rester maître de son attention et de sa technique. Ils·elles ont évalué plus favorablement les affiches réalisées manuellement et en étaient plus fier·ère·s. 

Une battle d’IAG en famille

À la demande de Pyxis, la Maison de la culture et de l’exploration numérique à Lausanne, l’UER AT a organisé, en décembre 2025, un atelier destiné à des enfants de 8 à 12 ans et à leurs parents, avec la collaboration de Biljana Petreska von Ritter-Zahony, professeure à la HEP Vaud en éducation numérique. Dans un premier temps, Clara Périssé a introduit les enjeux de l’IAG dans l’art et donné des indications pour formuler un bon prompt.

Des battles ont ensuite opposé des binômes parentsenfants. Chaque équipe était placée devant un ordinateur et devait créer un prompt en deux minutes pour générer une image. Celle-ci était ensuite évaluée par le public. Durant les pauses, Biljana Petreska von Ritter-Zahony a proposé des moments de réflexion pour comprendre comment l’IAG fonctionne et aborder ses enjeux écologiques. «Cette expérience a été stimulante, à la fois pour les participant·e·s et pour nous, relève Clara Périssé. Aborder le prompt en création artistique demande en effet de comprendre comment une image se construit, de maîtriser un certain vocabulaire et d’exprimer une intention.»

Intégration de l’IAG dans les modules didactiques

Les réflexions de l’UER AT sur l’IAG ont aussi contribué à l’enrichissement de modules de didactiques en arts visuels des Masters en enseignement secondaire 1 et secondaire 2. «Les arts visuels constituent une porte d’entrée intéressante pour questionner les enjeux liés à l’IAG, ses biais et son empreinte environnementale notamment, avance Clara Périssé. Parce que, si nous mobilisons bien sûr des savoirs théoriques en didactique des arts visuels, nous passons beaucoup par les savoirs pratiques. Et ces derniers permettent d’élaborer des expériences formatrices pour déconstruire les logiques de production probabilistes de l’IAG

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